Nous sommes très heureux comme chaque année, de vous présenter notre note de conjoncture sur le marché du foncier rural français. Plus qu’une simple analyse de tendances, cette étude est le reflet de la réalité de notre travail quotidien sur le terrain.
Le foncier rural traverse une mutation profonde, sous l’effet conjugué de facteurs géopolitiques, économiques et environnementaux d’une intensité rarement observée. Ces crises à répétition poussent tous les acteurs économiques à évoluer à marche forcée ! La hausse des coûts de l’énergie bouleverse les équilibres établis et agit comme un accélérateur. Le changement climatique n’est plus la seule préoccupation justifiant la transition énergétique.
Pourtant, la France et l’Europe disposent d’atouts majeurs : diversité des terroirs, qualité des sols, importance des marchés de consommation, qui sont autant de leviers à prendre en compte.
Dans ce contexte de transformation, les marchés du foncier rural connaissent un ralentissement notable, voire une correction des valeurs sur certains segments et territoires. Après plusieurs décennies de hausse soutenue, cette décélération constitue en réalité une fenêtre d’opportunité pour les investisseurs ou les jeunes qui souhaitent s’installer. Le rééquilibrage des prix redonne en effet de la lisibilité aux projets et desserre la contrainte d’entrée pour de nouveaux porteurs de projets. Il permet aussi d’envisager des rendements plus cohérents avec les fondamentaux économiques.
À l’heure où de nombreuses incertitudes s’accumulent, le foncier rural français apparaît toujours comme une valeur tangible, résiliente et non délocalisable. Dans le même temps, les tensions internationales réactivent des enjeux de souveraineté alimentaire ou énergétique. Cet actif n’est plus seulement perçu comme un support de production agricole, mais comme un actif stratégique. Bien choisi, c’est une valeur refuge, un outil de diversification et de transmission plutôt décorrélé des autres marchés.
Il est donc essentiel d’être bien accompagné afin de déceler les tendances émergentes et d’agir en conséquence pour faire de cette mutation du secteur un levier de prospérité pour les générations à venir.
Directeur d’Agrifrance – Gérant de BNP Paribas Property SNC
Après un point bas observé l’année précédente, la production céréalière française de 2025 connaît un net rebond, atteignant 63,3 millions de tonnes, soit une hausse de 16,9 % par rapport à 2024. Cette progression est principalement portée par le redressement marqué des rendements de 13,5 %. Le blé illustre particulièrement cette amélioration, avec un rendement moyen de 74,2 quintaux / hectare en 2025 contre 60,9 en 2024 (soit près de 22 %). Toutefois en 2025, dans un contexte de récoltes mondiales abondantes, les prix des céréales ont été orientés à la baisse : le blé tendre a reculé de 19 % et le maïs de 8,6 % sur un an.
Parallèlement, la production d’oléagineux progresse pour atteindre 6,5 millions de tonnes (+10,7 % sur un an), soutenue par une forte hausse des rendements, notamment en colza (36,7 quintaux / hectare en 2025 contre 29,2 en 2024, soit plus de 25 %). Malgré une production en nette augmentation, les cours évoluent de façon contrastée : le prix du colza baisse de 16,4 % sur un an, tandis que celui du tournesol progresse.
L’Union européenne, qui représente environ 60 % de la production mondiale de vin, devrait produire près de 140 millions d’hectolitres en 2025. Malgré une légère hausse par rapport à 2024 (+2 %), ce volume reste environ 8 % inférieur à la moyenne des cinq dernières années.
En 2025, l’Italie, la France et l’Espagne occupent toujours le peloton de tête des producteurs mondiaux de vin. L’Italie reste le plus grand producteur mondial en 2025, avec une production estimée autour de 47,3 millions d’hectolitres, ce qui représente une hausse d’environ 7,3 % par rapport à 2024. Cette hausse s’explique par des conditions climatiques favorables dans plusieurs régions, notamment dans le sud (Sicile et Pouilles).
L’Espagne se positionne en troisième place parmi les producteurs de vin en Europe en 2025, derrière l’Italie et la France. La production espagnole est estimée autour de 29,4 millions d’hectolitres — soit une baisse de près de 5 % par rapport à 2024. L’Espagne connaît sa troisième année consécutive de sécheresse sévère, enregistrant l’une des récoltes les plus faibles des dernières décennies et des rendements plus bas qu’à l’habitude.
Avec environ 36,2 millions d’hectolitres attendus en 2025, la France connaît en 2025 une production stable par rapport à 2024. Ce chiffre demeure en retrait de près de 16 % par rapport à sa moyenne quinquennale.
Malgré une conjoncture internationale instable et des incertitudes, les ventes en 2025 sont restées relativement actives sur le marché du bois. Si la demande soutenue en construction durable et en énergie permet de maintenir les prix au deuxième semestre 2025, en revanche les volumes commercialisés ont tendance à diminuer. La guerre commerciale bouleverse encore les flux internationaux. Cette situation pourrait affecter les échanges de bois. En effet, les États-Unis figurent parmi les premiers consommateurs de bois ronds, tandis que la Chine et le Vietnam se positionnent comme les principaux importateurs et transformateurs.